Premium pages left without account:

Auction archive: Lot number 28

JEAN COCTEAU. Portrait d'une tragédienne. Huile sur toile, signée "J" et datée 51 en bas à gauche. 146 x 114 cm

Livres et Manuscrits
22 Jun 2020 - 30 Jun 2020
Estimate
€15,000 - €20,000
ca. US$16,866 - US$22,488
Price realised:
n. a.
Auction archive: Lot number 28

JEAN COCTEAU. Portrait d'une tragédienne. Huile sur toile, signée "J" et datée 51 en bas à gauche. 146 x 114 cm

Livres et Manuscrits
22 Jun 2020 - 30 Jun 2020
Estimate
€15,000 - €20,000
ca. US$16,866 - US$22,488
Price realised:
n. a.
Beschreibung:

COCTEAU, JEAN PORTRAIT D’UNE TRAGÉDIENNE.1951. Huile sur toile.Signée "J" avec son étoile caractéristique, datée 51 en bas à gauche. Titrée et datée au verso par Cocteau.146 x 114 cm. Magnifique et grand portrait. Voici ce qu'écrit Cocteau lui-même à propos de cette toile le 16 octobre 1951 :"J’ai travaillé jour et nuit sur la grande toile neuve achetée à Nice par Édouard. Une grande tête de femme drapée de blanc derrière un rideau rouge qui tient toute la gauche. La tête est peinte dans les bleus pâles, les blancs et les bistres. (Terre d’ombre). J’étais parti de la Madone de Médicis. En fin de compte ma tragédienne ressemble au jeune homme de La Victoire. J’en conclus que le modèle était le même. Les figures de Michel-Ange à œil de poisson et à grande bouche." (Le Passé défini, I, 1951-1952, Gallimard, p. 65-66). Le lendemain, il ajoute : "Presque terminé Le Portrait d’une tragédienne. Toile dure et douce qu’il ne faut pas pousser trop loin pour lui conserver son air de peinture large malgré le travail interminable des joues, du nez, de la bouche et de l’oeil. C’est le non-fini du rideau rouge et du linge sur la tête qui précisent le reste et lui valent le relief." (Idem, p. 66). Dans le catalogue de l'exposition de 1953, l'artiste commente encore cette toile : "Cette tête a comme origine le modèle que Michel-Ange transformait en homme ou en femme selon le besoin de ses allégories". "Ces couleurs denses et affirmées se mêlent par ailleurs, à d’importantes réserves noires ; Ce noir, très happant au début de la période picturale, est souvent employé comme fond. Dans Le Portrait d’une tragédienne, huile sur toile de 1951 ? la jeune femme antique, à laquelle Cocteau donne de façon troublante les traits anguleux de sa propre jeunesse, détache ainsi sa silhouette crayeuse et bleutée sur le noir du ciel sans lune qui bouche les deux tiers droits du tableau. Bien souvent, on a l’impression que ce noir est la couleur précieuse de la toile, la "couleur couleur" n’étant là que pour faire valoir sa pureté. C’est d’ailleurs une idée que Cocteau exprimera ouvertement en parlant de l’apport de la couleur au cinéma comme auxiliaire du "vrai" noir […]. En fait cette montée du sombre semble bien être l’un des aspects marquants de la peinture chez Cocteau. Elle se manifestera également par l’emploi, de plus en plus fréquent, de papiers à dessin fortement teintés – brun, vert soutenu, bleu foncé, brique et même noir – pour les pastels et les lithographies […]. Mais on retrouve aussi – pourquoi ne pas le dire ? – le goût même d’un Cocteau dont la chambre du Palais-Royal, tapissée de rouge sang de bœuf, enfermait son sommeil d’opiomane dans le décor de tuerie du cabinet de Barbe-bleue. À Milly-la-Forêt même, le lit d’écarlate surmonté d’un dais à cantonnière à grosses broderies noires dressait, au-dessus de sa malingre personne, la pompe d’une théâtralité étonnante dans ce lieu intime." (Fr. Ramirez et Chr. Rolot, Jean Cocteau l’œil architecte, ACR édition, 2000). En 1953, dans Démarche d’un poète, "Cocteau consacre un chapitre à l’acte de peindre, que Cocteau sépare très fortement de l’acte de dessiner. S’il dessine depuis toujours, le poète est venu très tard à la peinture sur toile, durant l’hiver 1950. Il réalise alors une vingtaine de toiles en six mois, inaugurant ainsi une nouvelle direction de son œuvre. Sans doute y a-t-il là pour lui, pendant longtemps un domaine interdit, réservé à ce père suicidé quand il était enfant et sur lequel il reste très silencieux. Démarche d’un poète l’évoque brièvement : "De lui surtout me reste le souvenir très vif d’une odeur de palette et d’huile que je trouvais délicieuse. Il peignait avec beaucoup d’aisance. Je restais assis près de sa chaise". Par ailleurs, si Cocteau a souvent écrit sur la peinture des autres, sa fréquentation des grands peintres et surtout son admiration sans bornes pour Pablo Picasso ont certainement contribué à retarder son passage à l’acte pictural". " (Jean Cocteau peintre, Bibl

Auction archive: Lot number 28
Auction:
Datum:
22 Jun 2020 - 30 Jun 2020
Auction house:
Sotheby's
Paris
Beschreibung:

COCTEAU, JEAN PORTRAIT D’UNE TRAGÉDIENNE.1951. Huile sur toile.Signée "J" avec son étoile caractéristique, datée 51 en bas à gauche. Titrée et datée au verso par Cocteau.146 x 114 cm. Magnifique et grand portrait. Voici ce qu'écrit Cocteau lui-même à propos de cette toile le 16 octobre 1951 :"J’ai travaillé jour et nuit sur la grande toile neuve achetée à Nice par Édouard. Une grande tête de femme drapée de blanc derrière un rideau rouge qui tient toute la gauche. La tête est peinte dans les bleus pâles, les blancs et les bistres. (Terre d’ombre). J’étais parti de la Madone de Médicis. En fin de compte ma tragédienne ressemble au jeune homme de La Victoire. J’en conclus que le modèle était le même. Les figures de Michel-Ange à œil de poisson et à grande bouche." (Le Passé défini, I, 1951-1952, Gallimard, p. 65-66). Le lendemain, il ajoute : "Presque terminé Le Portrait d’une tragédienne. Toile dure et douce qu’il ne faut pas pousser trop loin pour lui conserver son air de peinture large malgré le travail interminable des joues, du nez, de la bouche et de l’oeil. C’est le non-fini du rideau rouge et du linge sur la tête qui précisent le reste et lui valent le relief." (Idem, p. 66). Dans le catalogue de l'exposition de 1953, l'artiste commente encore cette toile : "Cette tête a comme origine le modèle que Michel-Ange transformait en homme ou en femme selon le besoin de ses allégories". "Ces couleurs denses et affirmées se mêlent par ailleurs, à d’importantes réserves noires ; Ce noir, très happant au début de la période picturale, est souvent employé comme fond. Dans Le Portrait d’une tragédienne, huile sur toile de 1951 ? la jeune femme antique, à laquelle Cocteau donne de façon troublante les traits anguleux de sa propre jeunesse, détache ainsi sa silhouette crayeuse et bleutée sur le noir du ciel sans lune qui bouche les deux tiers droits du tableau. Bien souvent, on a l’impression que ce noir est la couleur précieuse de la toile, la "couleur couleur" n’étant là que pour faire valoir sa pureté. C’est d’ailleurs une idée que Cocteau exprimera ouvertement en parlant de l’apport de la couleur au cinéma comme auxiliaire du "vrai" noir […]. En fait cette montée du sombre semble bien être l’un des aspects marquants de la peinture chez Cocteau. Elle se manifestera également par l’emploi, de plus en plus fréquent, de papiers à dessin fortement teintés – brun, vert soutenu, bleu foncé, brique et même noir – pour les pastels et les lithographies […]. Mais on retrouve aussi – pourquoi ne pas le dire ? – le goût même d’un Cocteau dont la chambre du Palais-Royal, tapissée de rouge sang de bœuf, enfermait son sommeil d’opiomane dans le décor de tuerie du cabinet de Barbe-bleue. À Milly-la-Forêt même, le lit d’écarlate surmonté d’un dais à cantonnière à grosses broderies noires dressait, au-dessus de sa malingre personne, la pompe d’une théâtralité étonnante dans ce lieu intime." (Fr. Ramirez et Chr. Rolot, Jean Cocteau l’œil architecte, ACR édition, 2000). En 1953, dans Démarche d’un poète, "Cocteau consacre un chapitre à l’acte de peindre, que Cocteau sépare très fortement de l’acte de dessiner. S’il dessine depuis toujours, le poète est venu très tard à la peinture sur toile, durant l’hiver 1950. Il réalise alors une vingtaine de toiles en six mois, inaugurant ainsi une nouvelle direction de son œuvre. Sans doute y a-t-il là pour lui, pendant longtemps un domaine interdit, réservé à ce père suicidé quand il était enfant et sur lequel il reste très silencieux. Démarche d’un poète l’évoque brièvement : "De lui surtout me reste le souvenir très vif d’une odeur de palette et d’huile que je trouvais délicieuse. Il peignait avec beaucoup d’aisance. Je restais assis près de sa chaise". Par ailleurs, si Cocteau a souvent écrit sur la peinture des autres, sa fréquentation des grands peintres et surtout son admiration sans bornes pour Pablo Picasso ont certainement contribué à retarder son passage à l’acte pictural". " (Jean Cocteau peintre, Bibl

Auction archive: Lot number 28
Auction:
Datum:
22 Jun 2020 - 30 Jun 2020
Auction house:
Sotheby's
Paris
Try LotSearch

Try LotSearch and its premium features for 7 days - without any costs!

  • Search lots and bid
  • Price database and artist analysis
  • Alerts for your searches
Create an alert now!

Be notified automatically about new items in upcoming auctions.

Create an alert