Premium pages left without account:

Auction archive: Lot number 159

Le Vin est tiré... Roman. Paris

Estimate
€10,000 - €15,000
ca. US$13,492 - US$20,239
Price realised:
€12,000
ca. US$16,191
Auction archive: Lot number 159

Le Vin est tiré... Roman. Paris

Estimate
€10,000 - €15,000
ca. US$13,492 - US$20,239
Price realised:
€12,000
ca. US$16,191
Beschreibung:

Le Vin est tiré... Roman. Paris, Gallimard, 1943. In-8, maroquin havane, dos lisse, plats ornés d'un décor abstrait composé de pièces de veau marron incrustées et en relief sur fond de veau brun, doublures de maroquin havane, non rogné, couvertures et dos conservés, étui-chemise (Monique Mathieu, 1982). Édition originale. Un des 2 exemplaires hors commerce sur Japon, justifié par l'auteur. Roman autobiographique inspiré de la tragédie vécue par la "Reine du Boeuf sur le toit", la chanteuse et comédienne Yvonne George (1893-1930), victime de la drogue et de la tuberculose à l'âge de 33 ans. Robert Desnos éperdument amoureux avait tenté de se rapprocher d'elle en la suivant dans son paradis artificiel. Le récit expiatoire permit à l'auteur de faire son deuil et de se résigner à l'idée qu'il n'avait peut-être pas fait ce qu'il fallait pour la sauver. Le roman a valeur de manifeste pour la dépénalisation des toxicomanes. "Sans indulgence mais sans ignorance et par conséquent en essayant de comprendre et d'expliquer, j'ai voulu tracer ici le tableau exact du monde de la drogue. (...) Le curieux y trouvera, je l'espère, des raisons de ne pas se livrer à une expérience qui mène à la déchéance et à la mort. Mais le moraliste, après sa lecture, pourra méditer sur les lois qui traitent des malades comme des malfaiteurs, qui entretiennent le mal au lieu de le combattre" (Prière d' insérer). Mal compris à sa publication sous le régime de Vichy, le récit du destin des marginaux pris dans l'étau de la police peut aussi se lire comme une métaphore de l'Occupation, dont Robert Desnos (1900-1945) lui-même allait devenir une des victimes les plus emblématiques. Résistant, déporté l'année suivante, il succomba au typhus le 8 juin 1945 au camp de Terezin. Exemplaire personnel de Youki: provenance des plus touchantes que celle de la compagne de Robert Desnos et fameuse égérie de Montparnasse durant les années folles. Il porte l'ex-libris figurant une sirène, en hommage au surnom que lui avait donné le poète. La composition reprend le dessin tatoué par Foujita sur la cuisse de Youki (1903-1963), ex-épouse du peintre. On a relié avec: - une eau-forte originale de Robert Desnos Elle porte la mention "tirée à 2 épreuves seulement" - le manuscrit autographe du dernier chapitre du roman, comportant des variantes et quelques corrections (2 pages 1/4 grand in-8). - le manuscrit autographe du prière d'insérer signé R.D. (2 pages in-4) - une lettre autographe signée de François Mauriac à Robert Desnos datée du 6 mars 1943 (1 page 1/2 in-4, enveloppe). Les notes sur le roman qui précèdent l'ouvrage critiquent les catégories admises et font référence à l'art de Mauriac. La lettre inédite atteste l'estime chaleureuse qui unissait les deux écrivains. L'éditeur de François Mauriac, Correspondance intime, 2012, p. 503, déplore qu'elle n'ait pu être retrouvée. François Mauriac y exprime sans ambages que son dégoût pour la drogue et pour les vices des autres lui a rendu la lecture de ce "terrible livre" difficile. Et de vitupérer non seulement le "troupeau lamentable [des] héros de l'héroïne", mais aussi les "littérateurs pédérastes" pour lesquels "l'opium est d'un rendement sûr": "On bat monnaie avec la drogue - et autour du plateau, des garçons se laissent toucher qui partout ailleurs seraient de moins bonne composition; Cocteau manque à votre musée Dupuytren. La vie quotidienne est intolérable pour une certaine espèce d'êtres. Elle l'est au fond pour chacun de nous. L'action nous délivre,- la religion... ou un vice, ou une manie." Annotations marginales au crayon d'une main inconnue, s'exclamant "Quel salaud!" à propos du passage concernant Cocteau. L'académicien François Mauriac devait assister en octobre 1945 aux obsèques de Robert Desnos tout comme Jean Cocteau On a également relié avec différents documents autour de la mort de Robert Desnos - copie dactylographiée d'une lettre et d'un article de journal rapportant les circonstances du décès - 1 lettre a

Auction archive: Lot number 159
Auction:
Datum:
28 Nov 2013
Auction house:
Pierre Bergé & Associés
92 avenue d'Iéna
75116 Paris
France
[email protected]
+33 (0)1 4949 9000
+33 (0)1 4949 9001
Beschreibung:

Le Vin est tiré... Roman. Paris, Gallimard, 1943. In-8, maroquin havane, dos lisse, plats ornés d'un décor abstrait composé de pièces de veau marron incrustées et en relief sur fond de veau brun, doublures de maroquin havane, non rogné, couvertures et dos conservés, étui-chemise (Monique Mathieu, 1982). Édition originale. Un des 2 exemplaires hors commerce sur Japon, justifié par l'auteur. Roman autobiographique inspiré de la tragédie vécue par la "Reine du Boeuf sur le toit", la chanteuse et comédienne Yvonne George (1893-1930), victime de la drogue et de la tuberculose à l'âge de 33 ans. Robert Desnos éperdument amoureux avait tenté de se rapprocher d'elle en la suivant dans son paradis artificiel. Le récit expiatoire permit à l'auteur de faire son deuil et de se résigner à l'idée qu'il n'avait peut-être pas fait ce qu'il fallait pour la sauver. Le roman a valeur de manifeste pour la dépénalisation des toxicomanes. "Sans indulgence mais sans ignorance et par conséquent en essayant de comprendre et d'expliquer, j'ai voulu tracer ici le tableau exact du monde de la drogue. (...) Le curieux y trouvera, je l'espère, des raisons de ne pas se livrer à une expérience qui mène à la déchéance et à la mort. Mais le moraliste, après sa lecture, pourra méditer sur les lois qui traitent des malades comme des malfaiteurs, qui entretiennent le mal au lieu de le combattre" (Prière d' insérer). Mal compris à sa publication sous le régime de Vichy, le récit du destin des marginaux pris dans l'étau de la police peut aussi se lire comme une métaphore de l'Occupation, dont Robert Desnos (1900-1945) lui-même allait devenir une des victimes les plus emblématiques. Résistant, déporté l'année suivante, il succomba au typhus le 8 juin 1945 au camp de Terezin. Exemplaire personnel de Youki: provenance des plus touchantes que celle de la compagne de Robert Desnos et fameuse égérie de Montparnasse durant les années folles. Il porte l'ex-libris figurant une sirène, en hommage au surnom que lui avait donné le poète. La composition reprend le dessin tatoué par Foujita sur la cuisse de Youki (1903-1963), ex-épouse du peintre. On a relié avec: - une eau-forte originale de Robert Desnos Elle porte la mention "tirée à 2 épreuves seulement" - le manuscrit autographe du dernier chapitre du roman, comportant des variantes et quelques corrections (2 pages 1/4 grand in-8). - le manuscrit autographe du prière d'insérer signé R.D. (2 pages in-4) - une lettre autographe signée de François Mauriac à Robert Desnos datée du 6 mars 1943 (1 page 1/2 in-4, enveloppe). Les notes sur le roman qui précèdent l'ouvrage critiquent les catégories admises et font référence à l'art de Mauriac. La lettre inédite atteste l'estime chaleureuse qui unissait les deux écrivains. L'éditeur de François Mauriac, Correspondance intime, 2012, p. 503, déplore qu'elle n'ait pu être retrouvée. François Mauriac y exprime sans ambages que son dégoût pour la drogue et pour les vices des autres lui a rendu la lecture de ce "terrible livre" difficile. Et de vitupérer non seulement le "troupeau lamentable [des] héros de l'héroïne", mais aussi les "littérateurs pédérastes" pour lesquels "l'opium est d'un rendement sûr": "On bat monnaie avec la drogue - et autour du plateau, des garçons se laissent toucher qui partout ailleurs seraient de moins bonne composition; Cocteau manque à votre musée Dupuytren. La vie quotidienne est intolérable pour une certaine espèce d'êtres. Elle l'est au fond pour chacun de nous. L'action nous délivre,- la religion... ou un vice, ou une manie." Annotations marginales au crayon d'une main inconnue, s'exclamant "Quel salaud!" à propos du passage concernant Cocteau. L'académicien François Mauriac devait assister en octobre 1945 aux obsèques de Robert Desnos tout comme Jean Cocteau On a également relié avec différents documents autour de la mort de Robert Desnos - copie dactylographiée d'une lettre et d'un article de journal rapportant les circonstances du décès - 1 lettre a

Auction archive: Lot number 159
Auction:
Datum:
28 Nov 2013
Auction house:
Pierre Bergé & Associés
92 avenue d'Iéna
75116 Paris
France
[email protected]
+33 (0)1 4949 9000
+33 (0)1 4949 9001
Try LotSearch

Try LotSearch and its premium features for 7 days - without any costs!

  • Search lots and bid
  • Price database and artist analysis
  • Alerts for your searches
Create an alert now!

Be notified automatically about new items in upcoming auctions.

Create an alert